Ma transformation personnelle

Les 01 et 02 juin 2026, j’ai eu la chance de faire les 2 premiers jours du parcours CEC Hauts de France (Convention de Entreprises pour le Climat) et depuis ces 2 jours j’ai profondément changé :

  • Je ne mange plus de viande
  • J’ai besoin de rediriger mon énergie communautaire
  • Je ne vis plus tout à fait de la même manière

Loin de moi l’idée d’essayer de vous convaincre de faire le même parcours, ou de faire les mêmes changements que moi, je souhaite, au travers de cet article, raconter ce qui m’arrive, dans l’espoir non seulement que ça m’aide à formuler ma pensée, mais aussi, peut-être, de fournir quelques sources d’inspiration à certains d’entre vous.


Mais commençons par le commencement : comment en suis-je arrivé à participer à ces deux jours, et pourquoi j’y allais à l’origine.

Depuis des années, je suis eco-conscient. J’essaye de faire de mon mieux pour faire les petits pas qui m’aident à avancer vers des grands changements, mais j’avoue que ceux-ci restaient assez limités.
J’ai par exemple proposé rapidement, dés 2021 il me semble, que l’Agi’Lille ne propose que des plats végétariens. Nous avons très rapidement aussi décidé de ne plus produire d’Ecocups.
Dans une volonté de diminuer notre impact carbone, parce que par rapport à notre vie c’était la décision la moins pire à prendre et parce que nous avons les moyens, ma compagne et moi roulons en électrique.
Notre production de déchets, pour une famille de 3 dont un enfant, est ultra réduite. Nous consommons local, nous achetons plus de 90% des vêtements de notre fils sur les brocantes et lorsque nous achetons du neuf nous faisons attention à l’impact de ces achats (et c’est vraiment pas facile).
Des choses que beaucoup d’entre vous, sans doute, font également, mais devant notre éducation et la capacité de la société à nous accompagner nous avions l’impression que nous faisions déjà beaucoup d’effort.

Au niveau boulot, j’ai pris la décision en 2025 de quitter mon activité au sein du GAG, en recherche d’un sens plus profond et j’ai rejoint en janvier 2026 Techsys avec la volonté d’avancer encore plus sur mes impacts écologiques et sociaux (voir l’article sur le sujet).
Depuis janvier déjà, j’avais commencé une nouvelle phase de mon évolution donc, avec (un peu) moins de repas carnés, une emphase encore plus marquée sur les achats locaux (et bio) et des rencontres qui m’ont permis d’avancer sur les sujets que nous avions identifié avec Guillaume et Sophie.

J’ai lu, en arrivant chez Techsys, la feuille de route CEC qui a été rédigée l’année dernière lors du parcours de Techsys (via Guillaume et Francois). J’ai compris les implications et je suis de tout coeur avec l’équipe RSE qui cherche à obtenir la certification BCorp cette année.
J’avais intellectualisé tout ça, et donc, lorsque la CEC Hauts de France a proposé à Techsys d’envoyer des collaborateurs pour faire partie des “alliés” de cette année, je me suis porté volontaire.
Je trouvais important, d’un point de vue personnel et en tant qu’accompagnateur de l’évolution de Techsys, de faire tout mon possible pour vivre les choses de l’intérieur. En plus, j’avoue qu’en tant que facilitateur, je trouvais aussi super intéressant de vivre cet événement du point de vue participant pour observer comment les animateurs gèrent celui-ci.

Je n’avais pas anticipé l’ampleur de ce que j’allais vivre. On m’avait pourtant prévenu, avec des boutades du genre : “Assure toi de ne pas être seul à la maison quand tu rentreras de la CEC” ou encore “Si y’a des cordes chez toi, fais en sorte qu’elles ne soient pas visibles le soir”. Trash talk classique pensais-je… faire peur au nouveau… j’aurais du savoir que ça n’était pas le cas lorsque j’ai eu le même discours de la part de Gaëlle D

Je suis donc arrivé, la fleur au coin de la bouche (j’aime pas les fusils), le matin du premier jour.
Je suis reparti le second jour en ayant décidé de ne plus générer l’acte d’achat de viande (quelle qu’elle soit), en ayant pleuré et fait pleuré, en ayant créé des connexions avec de parfaits inconnus qui sont maintenant dans un groupe de soutien que nous avons lancé.

Il est hors de question pour moi de vous décrire dans le détail ce qui se passe lors du parcours CEC. D’une part parce que je ne suis pas la bonne personne, loin de là, d’autre part parce qu’il est impératif que les personnes qui font ce parcours le fassent en conscience, volontairement.
Ce que je peux vous dire, c’est que durant 2 jours, les animateurs nous accompagnent sur le chemin du U (https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_U) et que durant ce parcours, nous visitons les 7 limites planétaires (sur les 9 connues) que nous avons déjà dépassées.

Voyons maintenant qui je suis aujourd’hui, sans plonger dans la comparaison avec qui j’étais avant.

J’ai passé un mois sans viande, et je ne compte pas m’arrêter là. Mais pas un mois de végétarien dans l’âme. Cette décision m’est personnelle, et je ne veux l’imposer à personne (ça a d’ailleurs généré quelques tensions dans mon couple), donc, je n’achète plus de viande pour moi, je peux participer à terminer le stock que nous avons à la maison dans le congélateur (histoire de ne pas gâcher) et pour le moment, à l’exception prés, je n’impose pas aux personnes qui me reçoivent chez elles de me proposer une option végé.
La planète est encore plus au centre de ma vie qu’elle ne l’était. Elle est au centre de toutes mes pensées dés le moment où je réfléchis actions.
J’ai décidé de ne pas essayer de convaincre les autres que ce que je fais, ce que je vis, sont les choses à faire pour tous. Mes décisions m’appartiennent, je n’ai pas la force, les données, ni la volonté de convaincre. Ce que j’espère cependant, c’est qu’en étant de moins en moins “reprochable”, je puisse à terme inspirer quelques personnes à agir.

En parlant d’agir, j’ai décidé de rediriger mes engagements communautaires. Dans un premier temps pour qu’ils soient tous alignés avec mes valeurs actuelles (je n’ai pas envie de dire nouvelles valeurs, mais celles qui ont pris le dessus depuis cette épiphanie qu’a été la CEC), puis dans un second temps, pas trop lointain j’espère, je voudrais que tous mes engagements communautaires soient orientés actions… cela veut dire, notamment, ne plus participer à l’organisation d’événements de consommateurs (où les gens viennent pour voir, écouter.. des conférences et retours d’expérience), et plutôt organiser des événements dans l’action, des événements qui génèrent de l’engagement, du mouvement chez les individus qui y participent. Et cet engagement, je le souhaite à la fois individuel, collectif et sociétal.

Je vais aussi essayer de limiter ma participation à l’économie de la performance. J’ai commencé à parcourir le chemin de la robustesse (j’ai fait quelques pas), et je ne souhaite pas participer à l’appropriation de la robustesse par des entreprises qui chercheraient à en tirer du profit.
Je sais que j’ai toujours besoin de générer un revenu, pour moi et pour Techsys, avec mes accompagnements, et je vais continuer à le faire. Mais, en gardant les clients historiques, je souhaite accompagner les humains au coeur des organisations (Hacoeur) pour qu’ils s’y sentent mieux, qu’ils soient plus alignés, plutôt que d’accompagner les clients à être plus performants.
L’un ne va pas sans l’autre me rétorquera-t-on ! Sans doute, mais au moins je n’aurais pas, directement, participé à la surexploitation de la planète.
L’étape d’après sera de trouver des nouveaux clients à accompagner, des clients qui partagent mes valeurs (et donc celles de Techsys car je suis aligné avec mon entreprise). Pour paraphraser le slogan des Bricos du coeur, j’aimerais être utile aux utiles.

Mon état d’esprit aussi a changé. Je suis désormais dans la franchise inconditionnelle. Je ne sais pas encore si je qualifierais ceci de Radical Candor, mais je sais que je ne veux plus dire les choses qui font plaisir, au moins au travail, et que je préfère dire les choses qui sont, que je ressens, tel que je les vois.

Mais il n’y a pas que ça qui a changé mentalement. Au sortir de la CEC j’étais en colère, et maintenant je suis serein en toute circonstance. J’ai accepté le monde VUCA, j’ai accepté l’état du climat (sans pour autant dire que j’en suis content, mais j’ai arrêté de croire dans le techno-solutionnisme), et je sais que mon impact sera limité, mais qu’il sera positif.
Je vais donc me mettre au service de tout ça, je vais continuer à évoluer, et dans quelques mois j’aurais sans doute un discours un peu différent, mais j’avoue que je n’ai jamais été aussi certain que ce que je fais, qui je suis, a du sens, et que tout est aligné.

J’étais conscient, j’ai l’impression maintenant d’être éveillé… jusqu’à ce que j’atteigne le prochain niveau de conscience peut-être…

PS: dans une volonté d’éco-design, je n’ai pas ajouté d’illustration à cet article.

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