Retour sur le PAF

Du 29 au 31 janvier 2026, j’ai eu la chance de participer, avec des personnes engagées et formidables, au PAF (Post Agile Forum) 2026.

Image issue du site de Keikenchiba et créée à l’aide de CoPilot

Le constat semblait édifiant, l’objectif me paraissait simple : discuter, et si possible évoquer, des pistes de recherche autour de la question –Quelle est la prochaine évolution des organisations après “l’agile” maintenant que la bulle a éclatée?

Cependant, le voyage intellectuel n’a pas été celui que j’imaginais, je vous propose une plongée dans cet événement, dans son fonctionnement ainsi qu’une vue sur la suite (pour ce qui est de mon domaine d’influence).

Génèse du PAF

Pour faire court, car je suis très mauvais avec les dates, je vous propose une rétrospective de l’événement.

Née d’une idée d’Alex Boutin, supportée par Alison Jorre et le CARA, une première tentative d’organisation d’événement avait pris vie sur Grenoble. Malheureusement cette dernière n’avait pas abouti. Lors d’un forum ouvert d’Agile Grenoble, Franck Rageade a re-proposé le sujet en discussion.

Lors de cette discussion, un mouvement s’est lancé. Quelques mois après, suite à plusieurs échanges entre personnes de bonne volonté, nous avons décidé de lancer un événement financé de manière participative pour évoquer l’avenir des accompagnements d’organisations (notamment de leurs évolutions).

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En 2025, ce financement est lancé et fin de cette même année, nous sécurisons un lieu et mettons en place une billetterie.

Le 29 janvier 2026, 16 courageux prennent la route d’un peu partout en France, pour se retrouver à Vesdun (le centre géographique de la France).

Démarrage du PAF, ca sent le flop

Je n’avais qu’une seule obsession en arrivant au PAF et suite à mon implication dans la non organisation : arriver à une production à destination des communautés.

Dans la pure énergie agile, et avec la volonté de ne pas guider / orienter les débats, nous avions décidé de laisser les personnes s’auto-organiser et étions convenus de travailler en Forum Ouvert.

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La journée du vendredi se lance, plusieurs idées sont explorées, nous commençons par un 1-2-4-all sur le sujet “c’est quoi produire pour les communautés?”

Et trés vite j’ai constaté une dérive dans les sujets abordés.

Plutôt que de se concentrer sur la question posée, les participants sont partis sur les raisons qui nous avaient réunis.

Nous décidons alors de passer en mode fishbowl pour explorer les sujets plus en profondeur, tout en permettant aux observateurs d’indiquer lorsque nous partons hors sujet… et à partir de là j’ai compris que nous n’allions pas vivre cet événement productif (tangible) auquel j’aspirais.

Des discussions passionnnantes, un trajet qui ne partait pas du même endroit

Tout ce qui s’est passé durant le PAF est ce qui devait se passer. Les personnes présentes étaient naturellement les bonnes personnes… C’est juste que, de la même manière que nous ne venions pas tous du même point de départ géographique, nous ne partions pas tous du même endroit d’un point de vue vision de nos métiers.

Nous avons eu la chance de pouvoir utiliser Leexi pour transcrire et résumer la plupart de nos échanges (merci Nord Agile), et vous pourrez vous même juger de la pertinence et de la richesse des discussions, cependant, je ne suis pas sur que vous arriverez à la même conclusion que certains d’entre nous à cette lecture.

Si nous partons du principe que l’agile est mort (que ce soit d’un point de vue sémantique ou idéologique), de fait notre métier de coach agile n’a plus vraiment lieu d’être… Et tous les participants n’étaient pas au même niveau de la courbe du deuil de ce métier.

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Comme certains, j’étais arrivé avec la conviction que nous devions cesser de parler de coaching agile, que nous devions chercher la suite de l’évolution des organisations, mais force est de constater que tous n’en étaient pas au même niveau.

Beaucoup de discussions ont donc permis de travailler au voyage sur cette courbe du deuil pour certains, ou à la redéfinition de nos accompagnements entant que “coach agiles “ (ou plutôt “anciens coach agiles”) pour d’autres.

Loin d’être stérile, ce cheminement nous a, en sorte, permis de nous aligner sur la suite des travaux à mettre en place.

Je ne reviendrais pas sur les discussions en elles mêmes, ni sur les productions du groupe durant l’événement. D’autres l’ont fait avant moi (voir en fin d’article) et tout est ou sera disponible sur le site de Keikenchiba.

Des convictions renforcées, de nouvelles acquises

Je ressors de cet événement avec la conviction que la suite des évolutions d’organisations ne sera pas la voie simple et pavée d’or que certains espéraient.

Il nous faudra réinventer la suite, pas en tant qu’accompagnateurs, mais en tant que communauté.

Le monde de l’entreprise, de l’organisation, de la fonction publique est en pleine mutation, qu’on parle des équipes techniques ou non.

L’arrivée des différentes IA va changer la relation des individus au travail, le contexte économique et géopolitique continue de changer notre relation aux organisations et à l’autre.

Je n’ai pas envie d’attendre une nouvelle manière révolutionnaire de faire la même chose en entreprise qui arrive des pays anglo-saxons.

Je reste persuadé du bienfondé du manifeste agile de 2001.

Mais je pense aussi que, par l’exemple du PAF, nous avons atteints des limites.

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  • La limite du terme agile déjà : Notre événement se voulait inclusif (ouvert aux non agilistes) cependant, par son nom même, il a pu rebuter un certain nombre de personnes, voir ne pas atteindre d’autres communautés que celles que nous côtoyions déja.
  • La limite du format aussi : l’auto-organisation poussée à l’extrême, sur un sujet si large, a abouti à du contenu varié, non spécifique et souvent incomplet. D’énormes voies de recherche, reflection, lecture, bref une grande ouverture. La prochaine étape devra proposer des formats de convergence.

Les derniers instants du PAF ont cependant abouti à des engagements concrets et des conclusions salvatrices:

  • Le PAF ne doit plus s’appeler ainsi, en séance nous l’avons renommé FOHP (Futur des Organisations Humaines Performantes).
  • Les prochaines étapes de réflexion se devront d’être facilitées par un format plus orienté et peut-être par un facilitateur externe.

Une suite qui demandera toujours plus d’engagement

Je suis rentré à la maison depuis plusieurs jours (semaines) maintenant, et ma liste de choses à faire reste chargée suite à cet événement.

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  • J’ai hâte de me lancer dans la réflexion sur une charte de l’accompagnateur d’organisation.
  • Je vais travailler à une grille de “Choix de votre accompagnateur d’organisation”.
  • Un meetup Keikenchiba pour exposer nos travaux et conclusions va s’organiser prochainement.

Il me semble que les non-organisateurs initiaux sont sur la même longueur d’onde :

Ce premier événement était un passage nécessaire et obligé mais certainement pas une fin. Il va nous permettre d’aborder la suite avec plus d’entrants et des formats plus engageants. Nous allons regarder ensemble, aux prochaines étapes, qu’il s’agisse de coordonner les travaux débutés lors de cette recontre ou de nouveaux rendez-vous ouverts autant que possible au plus grand nombre (et au plus diversifié).

Les retours des autres participants au PAF

N’hésitez pas à me signaler si j’en ai oublié !

Retour de Jérôme Urvoas

Retour d’Alexis Monville

Retour de Mélina Batissou

Retour de Johan Dufour

Retour de Xavier Campo

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